Depuis la réforme des tarifs de rachat et la remise à plat de l’offre OA d’EDF solaire, les particuliers se retrouvent face à un casse-tête : comment dimensionner une installation de panneaux solaires, choisir entre vente totale et autoconsommation, et calculer une rentabilité sans se bercer d’illusions. Les textes du code de l’énergie encadrent le principe de l’obligation d’achat, mais sur le terrain, ce sont surtout des chiffres en centimes par kWh, des contrats sur 20 ans et des frais de raccordement réseau qui pèsent dans la balance. Dans ce contexte, le photovoltaïque reste une énergie renouvelable pertinente pour réduire la facture électrique, mais il ne joue plus du tout dans la même catégorie qu’il y a dix ans.
Entre la baisse du prix du matériel, la suppression de la prime à l’autoconsommation dans certaines configurations et un tarif de rachat du surplus qui s’est effondré autour de 1,1 c€/kWh pour de nombreux particuliers, l’équation économique s’est déplacée. Là où certains installateurs continuent de promettre des retours sur investissement en 7 ans, les calculs sérieux aboutissent plutôt à 12, 15 ou 18 ans selon les cas. Le sujet n’est plus seulement « combien EDF OA va racheter la production photovoltaïque ? », mais « quelle part de cette production sera consommée sur place, à quel prix a été signé le contrat d’achat, et quels usages électriques peuvent être décalés en journée ». Ce texte décortique ces enjeux sans filtre, avec des exemples chiffrés et des pistes concrètes pour adapter son projet aux nouvelles règles.
En bref
- EDF solaire via l’offre OA rachète votre électricité photovoltaïque à un tarif encadré par l’État, mais ce prix est désormais très bas pour le surplus.
- L’autoconsommation devient la stratégie centrale : la rentabilité dépend surtout de la part de kWh consommés sur place au lieu d’être achetés au fournisseur.
- Le tarif de rachat du surplus tourne autour de 1,1 c€/kWh pour de nombreuses petites installations, ce qui change complètement les calculs par rapport aux anciens contrats.
- Le raccordement réseau, la qualité de pose et la cohérence entre puissance installée et profil de consommation pèsent plus que les aides publiques résiduelles.
- Le choix entre vente totale, autoconsommation avec vente de surplus, batterie ou usages pilotables (ECS, piscine, chauffage) doit se faire sur des données concrètes, pas sur un discours commercial.
EDF solaire et obligation d’achat photovoltaïque : comprendre le cadre avant de parler euros
Quand on parle d’EDF solaire, beaucoup imaginent encore un « bon plan » où EDF rachète cher la production pendant 20 ans. Cette image correspond aux premiers arrêtés tarifaires du photovoltaïque résidentiel, pas à la situation actuelle. Aujourd’hui, EDF OA, pour « offre OA » ou Obligation d’Achat, exécute une mission de service public définie par la loi : acheter l’électricité produite par certaines installations d’énergie renouvelable à un prix fixé par arrêté, sur une durée déterminée. Rien de plus, rien de moins.
Le principe figure dans le code de l’énergie : toute installation qui remplit les conditions (puissance, type de raccordement, respect des dates d’arrêtés, dossier complet) peut bénéficier d’un contrat d’achat. Le tarif lui-même est encadré, révisé chaque trimestre par la Commission de régulation de l’énergie. Autrement dit, ce n’est pas un « cadeau » d’EDF, c’est l’application stricte d’une règle nationale, que l’électricien historique gère au travers de sa plateforme EDF OA.
D’ailleurs, cette obligation d’achat ne concerne pas que le solaire. Elle s’applique aussi à l’éolien, à l’hydroélectricité et à certaines filières biomasse. Le photovoltaïque domestique a simplement pris beaucoup de place dans le débat public, car il touche directement des ménages qui posent 3, 6 ou 9 kWc de panneaux sur leur toiture, souvent dans le cadre d’une rénovation plus globale.
Ce que recouvre concrètement l’offre OA pour un particulier
Pour une maison équipée de panneaux solaires, l’offre OA se traduit par un contrat d’achat signé entre le producteur (le propriétaire de l’installation) et EDF OA. Ce contrat précise plusieurs éléments clés qui vont ensuite conditionner la rentabilité :
- la puissance crête installée (en kWc) et le mode de fonctionnement (vente totale ou autoconsommation avec vente du surplus) ;
- la date de demande complète de raccordement, qui fige le barème applicable ;
- la durée du contrat, généralement 20 ans à compter de la mise en service ;
- le tarif d’achat en c€/kWh, distinct selon qu’il s’agit d’une vente en totalité ou du surplus seulement ;
- les modalités de facturation (relevé index, estimation annuelle, régularisation).
Une fois ce contrat signé, EDF OA est tenue de racheter les kWh injectés sur le réseau au tarif prévu, sans pouvoir renégocier à la baisse. Inversement, le producteur ne peut pas exiger une revalorisation si les barèmes montent pour les nouveaux arrivants. C’est un engagement à double sens : stabilité pour 20 ans, mais avec le risque d’être « né trop tôt » ou « trop tard » par rapport à un pic tarifaire.
Un point que beaucoup découvrent trop tard : le contrat OA est totalement distinct du contrat de fourniture classique pour la consommation de la maison. On peut très bien être en autoconsommation avec vente de surplus à EDF OA, tout en restant client d’un autre fournisseur pour l’électricité achetée.
Pourquoi le nouveau paysage OA bouscule les projets résidentiels
La baisse des tarifs de rachat de la production photovoltaïque a un effet direct sur la stratégie. Tant que la vente était payée plusieurs dizaines de centimes par kWh, la vente totale avait du sens, y compris pour un ménage qui consommait beaucoup en journée. Aujourd’hui, avec un rachat du surplus autour de 1,1 c€/kWh dans beaucoup de cas, vendre cette production devient une activité marginale.
La valeur d’un kWh consommé sur place, lui, se situe entre 18 et 25 c€/kWh TTC selon le contrat d’électricité. Autrement dit, chaque kWh autoconsommé « rapporte » 0,18 à 0,25 €, alors que chaque kWh vendu au titre de l’obligation d’achat rapporte parfois 0,011 €. L’écart est spectaculaire. Il oriente mécaniquement les projets vers l’autoconsommation maximale, quitte à réduire légèrement la puissance installée pour coller au profil de consommation réel.
Les démarches restent néanmoins proches : demande de raccordement réseau, contrat OA, passage d’Enedis pour la mise en service, index à transmettre chaque année. Ce qui change, c’est la place relative de ce contrat dans la rentabilité globale. La vente n’est plus le cœur du modèle, c’est un petit bonus qui vient valoriser les kWh que l’on n’a pas réussi à consommer sur place.
Au final, le cadre EDF OA reste utile, mais il faut cesser de le voir comme la pièce maîtresse. C’est la consommation locale qui passe désormais au premier plan, et la suite de l’article va justement disséquer cette mutation.

Autoconsommation photovoltaïque avec EDF solaire : le vrai levier d’économies
Une fois le décor réglementaire posé, la question qui revient systématiquement en rendez-vous, c’est : « combien d’autoconsommation peut-on atteindre, et est-ce suffisant pour rendre l’installation intéressante ? ». Là, les promesses commerciales de 80 ou 90 % d’autonomie électrique sur une maison tout électrique doivent être regardées avec un sérieux recul. La réalité tourne souvent plutôt entre 30 et 60 % d’énergie renouvelable consommée sur place, sauf profil très particulier.
Pour illustrer, prenons le cas de Claire et Thomas, propriétaires d’une maison de 110 m² chauffée au gaz, avec une consommation électrique annuelle de 4 000 kWh. Ils envisagent 6 kWc de panneaux solaires orientés sud, sans batterie, en restant chez leur fournisseur actuel pour la consommation classique et en signant un contrat d’achat EDF OA pour le surplus.
Dimensionnement et taux d’autoconsommation réalistes
Avec 6 kWc bien orientés, la maison produira autour de 6 500 à 7 000 kWh/an, en moyenne, selon la région. Sans changement d’usage, l’autoconsommation spontanée (c’est-à-dire sans pilotage ni batterie) se situera plutôt autour de 35 à 45 %. Cela signifie que sur 7 000 kWh produits, 2 500 à 3 000 kWh seront consommés sur place, et le reste repartira sur le réseau via le raccordement réseau pour être racheté au tarif OA.
Si l’on valorise un kWh évité à 0,22 € TTC (ordre de grandeur d’un tarif réglementé avec taxes) et un kWh vendu à 0,011 €, la hiérarchie est très claire. Les 3 000 kWh autoconsommés représentent environ 660 € d’économie annuelle, tandis que les 4 000 kWh injectés ne rapportent qu’une quarantaine d’euros. On comprend immédiatement pourquoi toute réflexion sérieuse place la maximisation de l’usage local devant la quête du meilleur tarif de rachat.
Pour augmenter ce taux, plusieurs leviers existent : décaler le fonctionnement du lave-linge, du lave-vaisselle, du ballon d’eau chaude en journée, installer un ballon thermodynamique bien piloté, voire coupler le solaire à un chauffage solaire de piscine pour absorber les excédents de production en été. Chaque kWh basculé en journée améliore nettement la rentabilité, sans dépendre d’aucune réforme tarifaire.
Batteries domestiques, ECS et usages pilotables : jusqu’où aller
La tentation est grande d’ajouter une batterie derrière l’onduleur pour « ne rien perdre ». Sur le papier, l’idée séduit : stocker l’après-midi pour consommer le soir. Sur le terrain, il faut regarder froidement le coût de stockage du kWh. Avec une batterie résidentielle autour de 6 000 à 8 000 € pour 10 kWh utiles, amortie sur 10 ans, on se retrouve souvent avec un coût de stockage compris entre 20 et 25 c€/kWh économisé, hors maintenance. Autant dire que, tant que le tarif de détail n’explose pas, la batterie reste une option à manier avec précaution.
En revanche, utiliser l’ECS (eau chaude sanitaire) comme « batterie thermique » fait beaucoup plus sens. Un chauffe-eau électrique piloté pour tourner principalement en milieu de journée va consommer directement la production photovoltaïque. Un ballon thermodynamique, encore mieux piloté, peut creuser un peu plus l’écart. On peut aussi imaginer un couplage avec une borne de recharge pour véhicule électrique, qui chargera préférentiellement quand les panneaux produisent.
La logique est toujours la même : l’autoconsommation n’est pas un chiffre magique imposé par EDF solaire, c’est un résultat de l’adéquation entre profil de production et profil de consommation. Plus ces deux courbes se superposent, plus l’installation tient la route économiquement, même avec un tarif de rachat du surplus très bas.
Le point clé à retenir ici : chercher à « tout autoconsommer » à n’importe quel prix n’a pas de sens. En revanche, organiser ses usages pour atteindre 50 à 60 % d’autoconsommation réelle, sans batterie hors de prix, constitue aujourd’hui un objectif cohérent pour une grande majorité de maisons.
Tarifs de rachat EDF OA : chiffres, tableau comparatif et effets sur la rentabilité
Venons-en aux chiffres, puisque c’est eux qui pilotent au final la décision. Les tarifs de rachat EDF OA pour le solaire résidentiel ont été revus à plusieurs reprises, avec des paliers de puissance (3 kWc, 9 kWc, 36 kWc, etc.) et des différences nettes entre vente totale et autoconsommation avec vente du surplus. La réforme récente de l’arrêté photovoltaïque a encore abaissé le niveau de rémunération du surplus, pour tendre vers 1,1 c€/kWh HT dans de nombreux cas.
Pour se repérer, voici un tableau d’ordres de grandeur (valeurs indicatives, hors indexation, pour une mise en service récente) :
| Puissance photovoltaïque | Mode de vente | Tarif de rachat indicatif EDF OA | Durée du contrat d’achat |
|---|---|---|---|
| ≤ 3 kWc | Autoconsommation avec vente du surplus | ≈ 1,1 c€/kWh HT pour le surplus | 20 ans |
| 3 à 9 kWc | Autoconsommation avec vente du surplus | ≈ 1,1 c€/kWh HT (même ordre de grandeur) | 20 ans |
| ≤ 9 kWc | Vente totale | Tarif supérieur au surplus, mais bien inférieur aux anciens contrats historiques | 20 ans |
| 9 à 36 kWc | Autoconsommation ou vente totale | Tarif dégressif, défini par appel d’offres ou barème spécifique | 15 à 20 ans selon le dispositif |
Ce qui frappe immédiatement, c’est le décalage entre la valeur économique du kWh autoconsommé et celle du kWh vendu. Avec un prix du kWh résidentiel autour de 22 c€/kWh TTC, l’électricité utilisée sur place a une valeur 15 à 20 fois supérieure à celle du kWh cédé à EDF OA. Cette simple observation suffit à montrer pourquoi le solaire de 2026 n’a plus rien à voir avec celui des années 2010 financé par la vente totale.
Suppression et maintien de la prime à l’autoconsommation selon les périodes
La prime à l’autoconsommation a joué un rôle d’amortisseur pour les premières générations de projets en autoconsommation avec vente de surplus. Versée sur cinq ans, elle venait compenser partiellement la baisse des tarifs de rachat. Or, les derniers arrêtés ont modifié son périmètre : pour certaines tranches de puissance et certaines dates de demande de raccordement, la prime a été purement supprimée, pendant que d’autres barèmes continuaient de l’accorder aux petites installations ≤ 9 kWc.
Résultat, deux voisins ayant le même toit et la même puissance de panneaux solaires peuvent se retrouver avec des conditions financières différentes, simplement parce que l’un a déposé sa demande avant un changement réglementaire, l’autre après. D’où l’importance de raisonner d’abord sur la facture réelle, ensuite sur les aides, et non l’inverse.
Les comparateurs et simulateurs de type « tarif rachat EDF OA 2026 » donnent une photographie précise des barèmes en vigueur à un instant T. Ils peuvent aider, mais à condition de vérifier la cohérence des hypothèses et de garder en tête que les montants de prime ne font pas une rentabilité à eux seuls.
Calcul rapide de rentabilité avec les nouveaux tarifs
Reprenons notre couple avec 6 kWc installés. Coût total posé : 9 000 € TTC, après négociation, pour du matériel correct. Production annuelle : 7 000 kWh. Taux d’autoconsommation visé après optimisation des usages : 50 %. Cela donne 3 500 kWh consommés sur place et 3 500 kWh vendus au tarif OA.
En valorisant le kWh évité à 0,22 €, cela fait 770 € d’économie annuelle. Le surplus vendu à 0,011 € ajoute environ 38 € par an. Soit un gain total d’environ 810 € par an. Sans prime à l’autoconsommation, le temps de retour brut se situe donc autour de 11 à 13 ans, en tenant compte d’un minimum de maintenance, de l’éventuel remplacement de l’onduleur vers la 12e année et d’une croissance progressive du prix de l’électricité.
C’est un ordre de grandeur cohérent avec ce que l’on constate sur les dossiers technico-économiques qui passent en revue. Les 7 ans de retour annoncés dans certains démarchages survivent rarement à un tableau Excel détaillé. En revanche, une installation bien pensée, dimensionnée pour un profil de consommation adapté et posée dans les règles de l’art tient la route sur 15 à 20 ans sans difficulté particulière.
En résumé, avec les tarifs de rachat actuels, le solaire résidentiel reste pertinent, mais uniquement si le projet est construit autour de l’autoconsommation. Se focaliser sur le centime de plus ou de moins payé par EDF OA ne sert plus à grand-chose.
Du devis à la mise en service : offres EDF solaire, raccordement réseau et points de vigilance
Une fois que la stratégie (autoconsommation ou vente totale) est clarifiée, il reste l’étape concrète : passer d’un devis à une installation en service avec un contrat d’achat signé. C’est là que les galères administratives et les petites approximations commerciales peuvent sérieusement perturber un projet qui, sur le papier, paraissait simple.
Les offres commerciales estampillées « EDF solaire » ou proposées par d’autres opérateurs reprennent globalement la même chaîne : étude de faisabilité, dimensionnement, devis, demande de raccordement réseau, pose, mise en service, puis signature du contrat OA. Le diable se niche dans les détails, notamment sur les délais, les frais annexes et la qualité de l’accompagnement pour la partie administrative.
Raccordement réseau et frais souvent sous-estimés
Le dossier de raccordement, géré en pratique par Enedis pour une grande partie du territoire, conditionne la date de prise d’effet des barèmes. Un dossier incomplet, un plan mal renseigné ou une signature manquante peuvent suffire à décaler de plusieurs semaines la date de complétude, et donc à faire perdre un trimestre de tarifs. Dans un contexte de baisse progressive, ce n’est pas anodin.
Les frais de raccordement, eux, varient en fonction de la situation existante. Sur une maison déjà reliée au réseau, avec un compteur récent, la facture peut rester modérée, mais il n’est pas rare de voir apparaître sur la convention des montants de plusieurs centaines d’euros, que certains commerciaux ont « oublié » de mentionner lors de la visite. Or, ce sont des coûts réels, incontournables pour que la production photovoltaïque soit reconnue et achetée par EDF OA.
Autre point de vigilance : la position des coffrets, la section des câbles, l’accessibilité pour les interventions futures. Une installation tirée au cordeau ne se limite pas aux panneaux sur le toit. Le réseau intérieur joue aussi sur les pertes, la sécurité et la possibilité d’évolution (ajout de puissance, d’un ballon thermodynamique, etc.).
Comparer les offres au-delà du seul prix par kWc
Face à plusieurs devis, la tentation est forte de comparer uniquement le prix par kWc installé. C’est une première base, mais très insuffisante. Deux propositions à 1 600 €/kWc peuvent couvrir des réalités totalement différentes selon les éléments suivants :
- marque et garantie des modules et de l’onduleur (10, 15 ou 25 ans ne se valent pas) ;
- présence ou non d’un suivi de production détaillé, avec possibilité de suivre l’autoconsommation réelle ;
- prise en charge complète ou non du dossier administratif EDF OA et Enedis ;
- qualité de l’intégration au bâti et impact éventuel sur l’étanchéité ;
- prévoir ou non l’ajout futur d’équipements comme un ballon d’eau chaude thermodynamique.
Un devis un peu plus cher mais bien ficelé sur ces aspects peut au final coûter moins cher sur 20 ans qu’une solution low cost mal pensée, surtout si le moindre problème administratif vient bloquer la rémunération OA pendant plusieurs mois.
Pour ceux qui souhaitent élargir les usages au-delà de la maison, certaines configurations intègrent directement un circuit dédié au chauffage, à la piscine ou à d’autres besoins thermiques. Cette approche mixte peut absorber efficacement les excédents estivaux, à condition d’être dimensionnée avec soin.
En conclusion de cette partie, la meilleure « offre » n’est pas celle qui promet le plus de kWh revendus à EDF OA, mais celle qui s’emboîte intelligemment avec vos usages réels et qui limite les zones grises administratives.
Stratégies d’optimisation solaire après la réforme OA : arbitrages, scénarios et questions à poser
Une fois qu’on a compris que l’offre OA ne suffira pas à financer seule une installation, la vraie question devient : comment adapter sa stratégie solaire au contexte actuel sans tomber dans le pessimisme ou l’euphorie ? Plusieurs scénarios types se dessinent pour les particuliers, chacun avec ses avantages et ses limites.
Premier scénario, celui de la maison tout électrique, avec chauffage par pompe à chaleur et eau chaude électrique ou thermodynamique. Ici, la consommation est élevée et répartie sur l’année. Un dimensionnement des panneaux solaires autour de 6 à 9 kWc, calibré pour pousser l’autoconsommation au-dessus de 50 %, peut se défendre, surtout si l’on accepte de piloter finement les usages (programmation de la PAC, adaptation des températures de consigne, recharge d’un véhicule électrique en milieu de journée).
Deuxième scénario, maison chauffée au gaz ou au bois avec peu d’appareils électriques lourds. Dans ce cas, un petit champ de 3 kWc, bien orienté, suffit souvent à couvrir une large partie des besoins de base (froid, électroménager, éclairage). Aller au-delà risque de générer un surplus important, peu valorisé par les tarifs de rachat, sans gain majeur sur la facture. Il vaut mieux alors investir la différence dans l’isolation ou un pilotage plus fin des usages.
Autonomie, déconnexion et fantasmes de maison « off-grid »
Avec la baisse des tarifs OA, certains se tournent vers un autre rêve : sortir progressivement du réseau, éviter le raccordement réseau et miser sur des batteries massives pour tout gérer en local. Cette approche peut se comprendre dans des sites isolés, où le coût de raccordement explose. En zone urbaine ou périurbaine, elle relève plus souvent du geste symbolique que du calcul rationnel.
Une installation totalement autonome exige une surcapacité importante de production photovoltaïque pour couvrir les pires jours d’hiver, associée à un stockage dimensionné pour plusieurs jours. Les coûts montent très vite, tout comme la complexité technique. Le réseau public reste, malgré ses défauts, un outil mutualisé extrêmement efficace pour lisser les aléas de la production solaire.
La voie médiane, largement sous-exploitée, consiste plutôt à considérer le réseau comme une « batterie infinie » pour les quelques kWh qui dépassent les besoins immédiats, tout en gardant EDF OA pour sécuriser un minimum de rémunération sur le surplus. C’est moins spectaculaire que l’autonomie totale, mais beaucoup plus robuste financièrement et techniquement.
Les bonnes questions à poser avant de signer un contrat d’achat
Pour finir, quelques questions simples à poser à tout installateur ou conseiller EDF solaire avant de signer quoi que ce soit :
- Sur quelle base avez-vous calculé le taux d’autoconsommation annoncé (profil horaire réel, hypothèse standard, simulation détaillée) ?
- Quel tarif de rachat avez-vous retenu et pour quelle date de demande complète de raccordement ?
- La prime à l’autoconsommation est-elle effectivement applicable à mon projet, et à quel montant total sur 5 ans ?
- Quel est le coût complet, raccordement compris, jusqu’à la mise en service et la signature du contrat d’achat EDF OA ?
- Quelle part de la rentabilité vient des kWh autoconsommés et quelle part vient des kWh vendus ?
Un professionnel sérieux saura répondre avec des chiffres, un tableau de flux, voire plusieurs scénarios (avec ou sans certains usages pilotables). Si les réponses restent vagues ou se réfugient derrière des slogans, cela mérite au minimum de prendre un temps de réflexion.
L’enjeu, au fond, n’est pas de savoir si le solaire est « rentable » en général, mais s’il l’est pour une maison donnée, avec un profil donné, dans le cadre réglementaire et tarifaire actuel. C’est à cette échelle, et seulement à celle-là, que l’offre OA, l’autoconsommation et les tarifs de rachat prennent tout leur sens.
Quel est l intérêt de l autoconsommation avec un tarif de rachat aussi bas ?
Avec un surplus racheté autour de 1,1 c€/kWh, la valeur du kWh vendu à EDF OA est très faible par rapport au kWh acheté au fournisseur (souvent 18 à 25 c€/kWh TTC). Autoconsommer permet d éviter d acheter ces kWh chers. C est cette économie qui fait l essentiel de la rentabilité, pas la rémunération du surplus. Le contrat d achat devient un complément, pas le coeur du modèle.
Faut il encore viser la vente totale de la production photovoltaïque ?
La vente totale garde un intérêt pour certaines puissances ou certains bâtiments très peu consommateurs, mais pour une maison occupée à l année, l autoconsommation avec vente du surplus est généralement plus pertinente. La baisse des tarifs de rachat rend la vente totale beaucoup moins attractive qu auparavant. Il faut comparer les scénarios sur la base de votre profil de consommation réel, pas sur un pourcentage d économie théorique.
La prime à l autoconsommation existe t elle encore pour les particuliers ?
Selon la date de demande complète de raccordement et la puissance de l installation, la prime à l autoconsommation peut être maintenue ou supprimée. Les dernières réformes ont réduit son champ d application, en particulier au delà de certaines puissances. Avant de signer, il faut vérifier noir sur blanc dans l arrêté en vigueur si votre projet est éligible, et ne jamais construire la rentabilité uniquement sur cette prime.
Quelle puissance de panneaux solaires choisir pour une maison de 100 m² ?
La surface n est pas le bon critère. Il faut partir de la consommation annuelle (en kWh) et du profil d usage. Pour une maison de 100 m² consommant 3 000 à 4 000 kWh par an, un champ de 3 à 4,5 kWc bien orienté suffit souvent pour viser 40 à 60 % d autoconsommation sans surplus massif. Au delà, une partie importante de la production risque d être vendue à bas prix, avec une rentabilité marginale.
Peut on changer de fournisseur d électricité en restant chez EDF OA pour l obligation d achat ?
Oui. Le contrat EDF OA pour l obligation d achat de la production est distinct du contrat de fourniture pour votre consommation. Vous pouvez tout à fait vendre votre surplus à EDF OA et acheter votre électricité à un autre fournisseur. Le changement de fournisseur n impacte pas le tarif de rachat fixé dans votre contrat d achat, ni la durée de celui ci.



