Obligation panneau solaire construction neuve : RE 2020 et décret

Un promoteur dépose en 2025 un permis de construire pour un lotissement de 20 maisons en périphérie de Lyon. L’urbanisme lui rappelle aussitôt deux points : la construction neuve est soumise à la RE 2020 et l’obligation d’intégrer soit des panneaux solaires, soit une autre forme d’énergie renouvelable ou de végétalisation de toiture. À ce ... Lire plus
Julien Leroy

Un promoteur dépose en 2025 un permis de construire pour un lotissement de 20 maisons en périphérie de Lyon. L’urbanisme lui rappelle aussitôt deux points : la construction neuve est soumise à la RE 2020 et l’obligation d’intégrer soit des panneaux solaires, soit une autre forme d’énergie renouvelable ou de végétalisation de toiture. À ce stade, la plupart des particuliers qui achèteront ces maisons n’ont aucune idée du contenu du décret qui encadre ces règles, ni de la façon dont les panneaux seront dimensionnés, encore moins de leur impact sur la performance énergétique et l’empreinte carbone du projet. Pourtant, ce sont bien eux qui vivront avec les choix techniques faits aujourd’hui.

Depuis l’abandon progressif de la RT2012 au profit de la RE 2020, le photovoltaïque est devenu un pivot discret de la transition énergétique dans le neuf. Non pas parce que l’État a imposé un panneau solaire sur chaque toiture, mais parce que la réglementation a rendu très compliqué d’atteindre les indicateurs (Bbio, Cep, Ic énergie, Ic construction) sans recourir à une forme de production locale. Ajoutez à cela les textes qui obligent, pour certains bâtiments, une production d’énergie renouvelable ou une toiture végétalisée, et vous obtenez un paysage réglementaire dense, avec des effets concrets sur le dessin des toitures, le choix des matériaux et la facture d’électricité des futurs occupants.

En bref

  • Les panneaux solaires ne sont pas « obligatoires partout », mais la RE 2020 et les décrets associés rendent leur absence difficile à justifier sur de nombreuses opérations de construction neuve.
  • Plusieurs textes se croisent : réglementation environnementale RE 2020, décret sur l’obligation d’ENR ou de végétalisation, arrêtés précisant les modalités de calcul et les exemptions.
  • Le photovoltaïque influe à la fois sur la performance énergétique et sur l’empreinte carbone de la construction, avec depuis le décret du 30 décembre 2024 une modulation qui tient compte de l’impact CO2 des grandes installations.
  • La répartition de la production solaire sur une opération multi-bâtiments est encadrée : le maître d’ouvrage doit choisir une méthode et s’y tenir pour l’énergie comme pour l’environnement.
  • Pour un particulier qui fait construire, l’enjeu est de comprendre quels choix sont dictés par la loi et lesquels relèvent du marketing, afin de dimensionner correctement son installation et éviter les surcoûts inutiles.

Obligation de panneaux solaires et RE 2020 dans la construction neuve : qui est vraiment concerné ?

Sur le terrain, la confusion revient sans cesse : « Les panneaux solaires sont-ils obligatoires sur toute construction neuve ? ». Concrètement, la réponse est non, mais refuser toute forme d’énergie renouvelable devient un exercice acrobatique dans nombre de cas. La RE 2020 fixe des seuils de consommation d’énergie primaire (Cep, Cep,nr) et d’émissions de CO2 liées à l’énergie (Ic énergie), qui sont beaucoup plus serrés que sous RT2012. Pour tenir ces seuils sur une maison tout électrique, par exemple, une production locale, typiquement un panneau solaire photovoltaïque, devient presque une évidence.

À côté de la RE 2020, un autre texte vise certains bâtiments neufs (commerces, entrepôts, parkings couverts, grands immeubles d’habitation) en imposant au choix un dispositif de production d’énergie renouvelable ou un système de végétalisation des toitures. Dans la pratique, les maîtres d’ouvrage choisissent très souvent le photovoltaïque, plus simple à chiffrer et à valoriser que des toitures végétalisées lourdes à gérer. C’est là qu’apparaît une première idée un peu dérangeante : la quête du bâtiment durable est parfois pilotée par ce qui rentre le mieux dans un tableau Excel, pas par ce qui a le plus de sens sur le long terme.

Un lotisseur qui aménage 40 lots, une copropriété qui fait construire un immeuble de 60 logements, un exploitant qui monte un parking à étages avec toiture plate… tous se retrouvent face à ces choix. Certains iront vers une centrale photovoltaïque de plusieurs dizaines de kWc, d’autres vers une installation plus modeste type panneau solaire 2000 W pour alléger un peu l’addition énergétique. Dans tous les cas, les textes ne parlent pas en kWc, mais en indicateurs réglementaires : Bbio, Cep, Ic énergie, Ic construction, DH (confort d’été).

Tiens, un exemple chiffré. Une maison individuelle de 110 m² en zone H2b tout électrique, bien isolée, avec pompe à chaleur et ballon thermodynamique, passera déjà sans difficulté sur la consommation Cep. Sans panneaux photovoltaïques, elle restera cependant tendue sur l’indicateur Ic énergie, surtout si elle a recours à un réseau de chaleur un peu carboné. L’addition de 3 à 4 kWc de panneaux peut faire basculer l’indicateur du mauvais au bon côté, tout en sécurisant la facture d’électricité. C’est exactement ce que vise la RE 2020 : forcer le compromis entre sobriété, choix des systèmes et production locale.

Le texte de référence pour les exigences des logements collectifs est le décret du 29 juillet 2021, qui a posé le cadre initial de la RE 2020. Depuis, les ajustements successifs ont davantage joué sur les coefficients de modulation que sur le principe général. L’idée reste la même : une construction neuve doit consommer peu, émettre peu, et faire un minimum appel à une énergie renouvelable, qu’elle soit thermique, électrique ou via un réseau de chaleur performant.

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Pour un acheteur de maison neuve sur plan, tout l’enjeu est de décoder ce qui se cache derrière la mention « maison RE 2020 avec panneaux solaires ». Suffit-il de cocher la case réglementaire, ou peut-on viser un vrai gain sur la facture ? Un lotissement bardé de panneaux sous-dimensionnés pour alléger un Bbio sans réel impact sur l’autoconsommation n’a pas grand-chose de « durable ». La question mérite d’être posée au commercial au moment de la signature.

Ce que change le décret du 30 décembre 2024 pour les panneaux solaires en RE 2020

Le décret n°2024-1258 du 30 décembre 2024 a fait pas mal parler les bureaux d’études. Certains y ont vu un assouplissement, d’autres un simple « lissage » après deux ans d’application de la RE 2020. Soyons clairs : ce décret ne revient pas sur les objectifs de performance énergétique ni sur l’ambition de la réglementation. Il ajuste surtout la façon dont certaines situations particulières sont traitées, dont les bâtiments très équipés en photovoltaïque.

Premier point clé, la date. Les nouvelles règles s’appliquent uniquement aux bâtiments neufs dont le permis de construire est déposé à partir du 1er janvier 2025. Pas de rétroactivité. Une maison dont le permis a été déposé en 2024 reste évaluée avec l’ancienne grille, même si le chantier démarre en 2025 ou 2026. Même logique pour les dispositifs adossés à la RE 2020, comme le Pinel+, le bonus de constructibilité ou les dérogations de hauteur : c’est la date de dépôt de permis qui fait foi, pas la date de livraison.

Ce décret introduit surtout une modulation spécifique pour les bâtiments équipés de grandes surfaces de panneaux solaires. L’idée est simple : les modules photovoltaïques ont un impact carbone non négligeable à la construction (Ic lot13). Lorsque cet impact dépasse un certain seuil, désormais fixé à 20 kgCO2/m², une modulation Mipv vient assouplir le seuil Ic construction. Dit autrement, on évite de « punir » un maître d’ouvrage qui équipe généreusement son bâtiment de panneaux en lui reprochant le CO2 émis pour les fabriquer.

Concrètement, sur un immeuble tertiaire avec une toiture entièrement couverte de modules, l’indicateur Ic construction peut grimper. Sans la modulation Mipv, le projet serait parfois recalé malgré une excellente production d’énergie renouvelable. Avec la nouvelle règle, l’exigence est allégée pour tenir compte du bénéfice global. On peut ne pas être totalement convaincu par la finesse du calcul, mais la logique de fond se défend.

Le décret ajuste aussi plusieurs coefficients pour les maisons individuelles : modulation liée à la surface moyenne (pour éviter de pénaliser les grandes maisons), modulation géographique accrue en zone chaude (H2c, H3) pour tenir compte du recours plus fréquent à la climatisation, et relèvement temporaire du seuil Ic énergie pour les maisons raccordées à un réseau de chaleur jusqu’en 2027. Tout cela influence indirectement le besoin ou non de recourir au photovoltaïque.

Pour les bâtiments collectifs de petite taille, ou composés de nombreux petits logements type résidences étudiantes, des modulations spécifiques viennent soulager l’indicateur Ic construction, très impacté par des équipements comme les ascenseurs ou la densité de cloisons. Là encore, le photovoltaïque n’est pas nommé directement, mais ces ajustements peuvent rendre l’usage de panneaux solaires plus ou moins indispensable pour passer sous les seuils.

Dernier point souvent oublié : le décret ne modifie pas la logique des attestations. Une attestation RE 2020 reste obligatoire au dépôt du permis puis à l’achèvement des travaux. En cas de permis modificatif, il n’est pas demandé de refaire une attestation en phase permis, mais l’étude finale devra intégrer les évolutions du projet, notamment si la surface de panneaux solaires a changé. Un promoteur qui « rogne » sur le photovoltaïque en cours de route prend donc un vrai risque réglementaire.

Répartition et prise en compte des panneaux photovoltaïques sur une opération multi-bâtiments

Dès qu’une opération dépasse le cadre de la maison individuelle isolée, une question technique surgit : comment répartir la production des panneaux solaires entre plusieurs bâtiments soumis chacun à la RE 2020 ? La FAQ officielle donne un cadre assez clair. Lorsqu’un permis porte sur un ensemble de bâtiments neufs ou existants, la surface de capteurs photovoltaïques peut être prise en compte de deux manières. Soit on répartit la surface totale de capteurs au prorata des surfaces de référence de chaque bâtiment. Soit on l’affecte uniquement aux bâtiments qui portent réellement les panneaux.

Exemple concret. Une résidence de 3 immeubles, A, B et C, partage une toiture-terrasse sur le bâtiment B, entièrement couverte de panneaux. Le bureau d’étude peut décider d’« arroser » les trois bâtiments avec la production solaire, au prorata de leur surface habitable, ou bien de considérer que seul le bâtiment B bénéficie de cette production dans les calculs. Dans tous les cas, la somme des surfaces modélisées doit correspondre à la surface réelle installée. Pas question de multiplier artificiellement la production pour améliorer les indicateurs.

Ce choix de répartition a une conséquence directe sur les résultats RE 2020. En arrosant tout le monde, on homogénéise les performances. En concentrant la production sur un seul bâtiment, on peut en rendre un exemplaire et laisser les autres plus « justes ». La réglementation n’impose pas une méthode, mais elle exige que le choix soit identique pour la performance énergétique et la performance environnementale. Impossible, donc, de distribuer les kWh pour Cep et de les concentrer pour Ic construction.

Pour un aménageur qui pilote une ZAC avec plusieurs tranches et différents maîtres d’ouvrage, ces règles demandent un minimum de coordination. Un grand parking équipé en carport photovoltaïque peut théoriquement profiter à plusieurs bâtiments voisins, mais il faut que la répartition énergétique et la contractualisation suivent. Sinon, chaque bâtiment sera dimensionné comme s’il n’existait aucun moyen partagé, et l’on perdra l’effet de masse du projet global.

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Certains maîtres d’ouvrage choisissent aussi de mutualiser le photovoltaïque sur des bâtiments tertiaires plus faciles à exploiter, en laissant les logements avec une installation minimale, souvent limitée à quelques kWc sur les toitures. Vu du point de vue des futurs occupants, ce n’est pas toujours le choix le plus pertinent. Un occupant de maison aura plus de bénéfices en autoconsommation directe qu’un siège de bureau désert le week-end. Pourtant, du point de vue réglementaire, l’important est que l’opération dans son ensemble passe la barre des indicateurs.

Il y a donc une question à poser systématiquement au promoteur ou au constructeur : « Où sont installés les panneaux solaires, sur quels bâtiments, et comment leur production est-elle répartie dans le calcul RE 2020 ? ». Ce n’est pas du fétichisme réglementaire, c’est ce qui permet de vérifier si les logements vendus tireront réellement profit des kWh produits, ou si les panneaux servent surtout à verdir la plaquette commerciale.

Extensions, logements spécifiques et cas particuliers : comment la RE 2020 encadre le solaire

Tout n’est pas construction neuve sur terrain nu. Une grande partie des questions qui remontent aujourd’hui concernent les extensions de bâtiments existants et les cas un peu hors-norme : foyer de jeunes travailleurs, logements de fonction, résidences de tourisme. La RE 2020 a prévu des règles dédiées, que les décrets et arrêtés sont venus préciser, parfois en gardant provisoirement la RT2012 pour certaines typologies en attendant mieux.

Sur les extensions, le principe repose sur des seuils de surface. Depuis le 1er janvier 2022 pour le résidentiel (et le 1er juillet 2022 pour les bureaux et l’enseignement), la RE 2020 s’applique dès qu’une extension dépasse 80 m² pour une maison individuelle, ou 50 m² pour un bâtiment collectif, un bureau ou un établissement scolaire, avec en plus une condition de pourcentage par rapport à la surface existante. Depuis 2023, l’ensemble des autres extensions de bâtiments résidentiels, de bureaux ou d’enseignement relevant de la RE 2020 y sont aussi soumises, quelle que soit la surface.

Ce détail n’en est pas un. Un particulier qui ajoute 90 m² à une maison de 120 m² se retrouve avec une extension soumise à la RE 2020. Pour passer les indicateurs, surtout si l’ancien bâti reste énergivore, l’ajout de panneaux photovoltaïques sur la nouvelle toiture devient un outil presque incontournable. À l’inverse, une petite extension en deçà des seuils peut encore relever de la RT existant « élément par élément », avec une logique très différente, plus centrée sur l’isolation pièce par pièce.

Côté logements spécifiques, la FAQ règlementaire distingue plusieurs cas. Les foyers de jeunes travailleurs, cités universitaires et EPAD (établissements pour personnes âgées dépendantes) sont traités différemment selon que les chambres disposent ou non d’une cuisine. Avec cuisine, le bâtiment est assimilé à du logement collectif et tombe dans le champ de la RE 2020 depuis 2022. Sans cuisine, il reste momentanément sous RT2012 dans l’attente de nouvelles exigences. Là encore, la présence ou non de panneaux solaires ne découle pas d’une obligation directe, mais des indicateurs à tenir.

Les logements de fonction situés dans des bâtiments tertiaires, eux, ont deux voies possibles. Soit on les traite comme des logements collectifs avec les exigences associées, y compris sur la perméabilité à l’air. Soit, si la surface du logement est inférieure à 150 m² et représente moins de 10 % de la surface totale du bâtiment, on les assimile à l’usage principal du bâtiment. Cela peut avoir un impact sur le dimensionnement photovoltaïque global et la manière dont la production est répartie entre zones.

Enfin, les bâtiments livrés sans système de chauffage ou de refroidissement ne sont pas « hors jeu ». Pour les usages résidentiels, la RE 2020 impose de les évaluer avec un système de chauffage par défaut décrit dans la méthode Th-BCE. Pour les usages non résidentiels, ils doivent quand même respecter les exigences sur Bbio, Ic construction, Ic énergie et DH. En matière de panneaux solaires, ces bâtiments peuvent servir de support pour une production destinée à d’autres zones, mais les calculs doivent rester cohérents avec la réalité des équipements mis en œuvre.

Dans tous ces cas, un réflexe simple peut éviter des mauvaises surprises : demander noir sur blanc si l’extension ou le projet particulier relève de la RE 2020 ou encore de la RT2012, et comment l’énergie renouvelable (solaire, réseau de chaleur, etc.) est intégrée au scénario. Sans cette clarification, impossible de juger si un devis de panneaux ou un package photovoltaïque proposé par un constructeur est pertinent ou juste cosmétique.

Articulation entre panneaux solaires, performance énergétique réelle et équipements associés

Une erreur fréquente consiste à voir le photovoltaïque uniquement comme une ligne dans un logiciel réglementaire. Dans la vraie vie, les panneaux solaires interagissent avec le reste du système énergétique de la maison : type de chauffage, ballon d’eau chaude, gestion des usages, éventuelle batterie solaire. L’objectif officiel de la RE 2020 est de pousser vers un bâtiment durable, pas vers un simple « passe-plat » réglementaire.

Sur une maison RE 2020, la combinaison typique reste aujourd’hui : isolation renforcée, pompe à chaleur, ventilation performante, complétées par un ou plusieurs champs photovoltaïques. Pour l’eau chaude sanitaire, beaucoup de projets basculent sur un ballon thermodynamique, qui tire parti d’une petite pompe à chaleur dédiée. C’est par exemple le cas de nombreux systèmes présentés dans les guides comme celui sur le ballon d’eau chaude thermodynamique. L’ajout d’un panneau solaire thermique dédié à l’eau chaude reste marginal dans le neuf, malgré des solutions techniquement solides.

Le photovoltaïque peut aller plus loin avec l’autoconsommation optimisée. En ajoutant une batterie de 10 kWh, comme celles décrites dans le guide sur la batterie solaire lithium 10 kW, une maison individuelle peut lisser ses consommations et réduire ses soutirages en soirée. D’un point de vue réglementaire, cette batterie n’est pas directement valorisée dans le calcul Cep ou Ic énergie, mais d’un point de vue facture, la différence est nette, surtout sur des profils très présents en journée.

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Il faut cependant garder en tête que la RE 2020 ne vise pas à maximiser l’autonomie électrique. Elle cherche à limiter les besoins (via le Bbio), puis à inciter à des solutions bas carbone. Un champ de panneaux surdimensionné pour couvrir piscine chauffée, véhicules électriques et climatisation à gogo peut rester « dans les clous » sur le plan réglementaire, mais ce n’est plus vraiment de la sobriété. Là, la réglementation atteint ses limites : elle ne peut pas tout encadrer.

Les propriétaires qui font construire ont donc intérêt à aller au-delà de la simple question « combien de kWc sont prévus ? ». Les interrogations plus utiles sont : quelles sont les puissances d’appoint, quels sont les horaires de consommation, y a-t-il un pilotage intelligent des usages, et surtout quel est le plan à 10 ou 15 ans pour faire évoluer l’installation (ajout de batterie, de modules supplémentaires, remplacement d’onduleur). Les textes, eux, se contentent de vérifier que le bâtiment au jour du permis respecte les indicateurs.

Sur le terrain, on voit apparaître des configurations hybrides intelligentes, combinant un champ photovoltaïque raisonnable, une bonne isolation (ITE, isolation du toit, vitrages performants) et un chauffage sobre. C’est cette articulation globale qui fait la différence entre une maison juste « conforme RE 2020 » et une maison réellement peu énergivore, même en cas de hausse durable des prix de l’électricité.

Élément Impact sur la RE 2020 Impact sur la facture réelle
Panneaux photovoltaïques Améliore Cep et Ic énergie, possible modulation Ic construction via Mipv Réduit la part achetée au réseau, surtout en autoconsommation
Ballon thermodynamique Réduit les consommations d’ECS, améliore Cep Baisse notable du poste eau chaude, surtout pour familles
Batterie de stockage Peu ou pas prise en compte réglementaire directe Augmente le taux d’autoconsommation, sécurise contre les hausses tarifaires
Isolation renforcée Améliore fortement Bbio et Ic construction Réduit les besoins de chauffage et de climatisation sur toute la durée de vie

Questions à poser avant de signer pour une construction neuve avec panneaux solaires

Bon, on en revient toujours au même moment clé : la signature du contrat de construction ou de la VEFA. C’est là que se joue la qualité réelle du futur bâtiment, bien plus que lors du contrôle des attestations par l’administration. Un acheteur qui ne challenge pas un minimum le discours commercial se retrouve vite avec un kit photovoltaïque calibré au cordeau pour la réglementation, mais peu utile pour son quotidien.

Pour éviter cet écueil, quelques questions ciblées font gagner beaucoup de clarté. D’abord, demander sur quelle version de la RE 2020 le projet est calé : permis déposé avant ou après le 1er janvier 2025, donc avant ou après le décret n°2024-1258. Ensuite, vérifier quelle part des performances énergétiques est due au bâti (isolation, compacité, orientation) et quelle part aux équipements techniques et aux panneaux solaires. Une maison qui ne tient debout qu’avec 6 kWc de panneaux est un mauvais signe.

Autre point à vérifier : le scénario d’usage retenu par le bureau d’études. Est-ce que le bâtiment est livré avec un système de chauffage conforme au calcul (PAC, radiateurs, plancher chauffant) ou avec une « prédisposition » laissant au futur occupant le soin de choisir ? Dans ce dernier cas, les panneaux prévus correspondent-ils vraiment à la future configuration, ou seulement au système par défaut intégré dans le modèle réglementaire ? Les écarts peuvent être importants.

Enfin, il est utile de savoir comment la maintenance et le remplacement des panneaux sont anticipés. Un champ photovoltaïque n’est pas éternel : après 20 à 25 ans, les rendements baissent, les onduleurs doivent être changés, les fixations vérifiées. Là, la RE 2020 ne dit rien. C’est au contrat, et au bon sens, de prévoir une trajectoire de gestion dans le temps. Un promoteur qui n’a aucune réponse à cette question envoie un signal assez clair sur ses priorités réelles.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, les guides spécialisés comme ceux de Helios détaillent aussi des sujets annexes mais liés : prix des batteries, intérêt d’un carport solaire, dimensionnement fin des puissances, etc. La réglementation fixe un plancher, parfois un plafond, mais c’est bien le dialogue technique avec le professionnel qui permet d’ajuster un projet à sa manière de vivre, à son budget et à ses convictions sur la transition énergétique.

Les panneaux solaires sont-ils obligatoires sur toutes les constructions neuves en RE 2020 ?

Non. La réglementation environnementale RE 2020 n’impose pas explicitement un panneau solaire sur chaque bâtiment neuf. En revanche, elle fixe des seuils de consommation et d’émissions de CO2 difficiles à atteindre sans recourir à une forme d’énergie renouvelable, souvent le photovoltaïque. Par ailleurs, d’autres textes imposent pour certains bâtiments (commerces, parkings couverts, grands ensembles) une obligation de production d’énergies renouvelables ou de végétalisation des toitures, ce qui conduit très fréquemment à installer des panneaux solaires.

Que change le décret du 30 décembre 2024 pour les installations photovoltaïques ?

Le décret n°2024-1258 s’applique aux permis de construire déposés à partir du 1er janvier 2025. Il ne modifie pas l’ambition globale de la RE 2020, mais ajuste plusieurs coefficients de modulation pour certaines typologies de bâtiments. Pour les panneaux solaires, il introduit une modulation spécifique (Mipv) sur l’indicateur Ic_construction lorsque l’impact carbone des modules dépasse 20 kgCO2/m², afin de ne pas pénaliser excessivement les projets très équipés en photovoltaïque.

Comment est répartie la production de panneaux solaires sur une opération avec plusieurs bâtiments ?

Lorsque le permis de construire porte sur plusieurs bâtiments, la surface de panneaux photovoltaïques peut être répartie au prorata des surfaces de référence de chaque bâtiment, ou bien affectée uniquement à ceux qui portent effectivement les capteurs. La somme des surfaces modélisées doit alors être égale à la surface réelle installée, et le choix de méthode doit être le même pour la performance énergétique et pour la performance environnementale dans les calculs RE 2020.

Une extension de maison doit-elle respecter la RE 2020 et intégrer du solaire ?

Une extension est soumise à la RE 2020 si elle dépasse certains seuils de surface et de proportion par rapport au bâtiment existant, puis pour l’ensemble des extensions résidentielles, de bureaux ou d’enseignement depuis 2023. La réglementation ne rend pas le solaire obligatoire en tant que tel, mais dans beaucoup de cas, l’ajout de panneaux photovoltaïques sur la nouvelle toiture est un levier efficace pour respecter les indicateurs de consommation et d’émissions de CO2, surtout si le bâti existant est énergivore.

Comment savoir si les panneaux prévus sur un projet neuf sont dimensionnés pour la réglementation ou pour ma consommation réelle ?

La seule façon de le vérifier est de demander des informations chiffrées au maître d’ouvrage : puissance installée en kWc, production annuelle estimée, part consommée sur place, scénario d’usage utilisé dans l’étude thermique, et répartition de la production entre les différents lots. Si l’installation sert surtout à passer les seuils RE 2020 mais couvre peu vos usages réels (profil de présence, équipements électriques, éventuelle recharge de véhicule), un recalage du dimensionnement ou une réflexion sur l’autoconsommation peut être nécessaire.

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